Compte-Rendu de la visite au Ministère de la Culture

le 30 Avril 2010
 
Présents outre les hôtes : Mr Emmanuel BOUTTERIN,et Mr Pierre Boucard pour le SNRL
Mr Etienne BASTIDE, Mme Nacera AZZOUZ, Mr Abdelmadjid DABOUSSI pour celles des radios pré-selectionnées en numérique terrestre sur Marseille qui leur avaient explicitement donné pouvoir (soit, Galère, Lina, Soleil, mais aussi, Culture Outre-Mer, Dialogue, Diva FM)
 
Nous avons été reçu par Mr François CATALA, Conseiller « audiovisuel et numérique » auprès du cabinet du Ministre. Il était accompagné de Mr Arnaud Esquerré de la DGMIC (ex-DDM) « Bureau des médias privés, de la production et de la publicité »
 
Mr Boutterin président du SNRL a opportunément rappelé le contexte et les valeurs sur lesquelles se fondent nos radios et leurs organisations pour accepter -avec entrain- d'aller vers le numérique terrestre (respect des équilibres entre catégories, proximité, gratuité, diversité, éducation populaire et communication sociale de proximité), très vite après quelques considérations techniques de Mr Pierre Boucard, c'est en effet sur ce rapport que la discussion va achopper le temps d'un échange un peu vif.
 
Le temps de se calmer et nous pourrons faire valoir que s'il n'était question de faire de procès d'intention à quiconque, nous ne pouvions pas cependant ne pas voir que les devis en T-DMB que nous détenions en étaient encore à faire payer l'émetteur et les logiciels d'encodages non à des prix industriels mais à ceux de prototypes... A partir de là ou en deçà se posait aussi la question de la norme... L'occasion de rappeler, que nous l'acceptions en ce qui nous concerne, quelle qu'elle soit en définitive...
 
Nous avons ainsi démontré que le modèle économique à l'origine des conclusions de Teissier avait été gonflé par un chiffrage improbable : comment se pourrait-il qu'une utilisation rationnelle du multiplexage (en numérique de 8 et plus radios sur la même fréquence ) mêmes locaux, même maintenance ou presque, seules les antennes et l'appareillage changent même si la technologie est plus chère à l'achat, ne soit pas à terme moins cher en fonctionnement que l'analogique : moins de problèmes de compatibilité de fréquences dans la proximité, à gérer, par exemple, une synchronisation des signaux plus simple, aussi, donc moins de pylônes, une amélioration du paysage, moins de consommations électriques, aussi, les arguments ne manquent pas et ne nous ont pas manqué. Reste à gérer le temps de la double diffusion.
 
Autre souci, la gestion des données associées pour la fabrication et la gestion desquelles, le SNRL demande (en espérant en obtenir au moins la moitié ?) une compensation de FSER à un poste de convention collective par radio et pour la diffusion la prise en charge à 55% au delà d'un montant incompressible à fixer aux alentours de 10 000 Euros par radio et par an.
 
Pourquoi je parle de ces « moitiés » de prise en charge, c'est parce la philosophie du rapport Hamelin si vous l'avez lu, est pleine de cette notion d'aller vers faire supporter à l'éditeur la moitié de la charge de diffusion et 3 000 Euros par radio et par an pour gérer les données associées... Ce qui, dans le cadre de nos projets de multiplex géré sans intention commerciale, n'est pas rationnel et qui, dans la foulée, nous a amené à proposer d'une part, ce fameux seuil incompressible dans le montant de la subvention de fonctionnement (que nous verrions mieux à 12 000, d'ailleurs qu'à 10 000), d'autre part, la mutualisation de la gestion des données associées, l'externalisation de leur mise en ligne, sinon de leur fabrication, le tout présentant des économies d'échelle évidentes mais restant à évaluer... Et enfin, proposition alternative pour l'investissement, nous avons soumis l'idée d'un fonds spécifique dédié à la mise en place de ce type de multiplex.
 
Dans le cadre du débat instauré avec nos interlocuteurs, il aura aussi été question de ce que nous aurions pu nous attendre à un respect du calendrier fixé par la loi et jusqu'alors, suivi par le CSA : ainsi Mr Abdelmajid Daboussi dans sa brève mais efficace prise de parole, a souligné qu'il y avait bien deux poids deux mesures : si les associatives avaient refusé de s'engager, le train serait parti sans elles alors que là, le Bureau de la Radio et Skyrock bloquaient la machine en France sous des prétextes qui ne les empêchaient pas de postuler par exemple en Allemagne sur le DAB+... Quid dès lors, du fameux modèle économique, il n'est pas le même au delà du Rhin ? Ou de la Manche ? Ailleurs en Europe ? Non, les motivations des gros éditeurs est bien de vouloir s'approprier la totalité de la ressource, par l'IP en premier temps puis tout le bébé, une fois l'eau du bain jetée. Au passage : le modèle économique de l'IP est particulièrement dévastateur et pas viable du tout à terme (voir le rapport de TDF à ce sujet) : ce qui démontre, s'il en était besoin, que leur recul est purement stratégique
 
Mme AZZOUZ après avoir insisté sur le rôle important des radios associatives et les missions quelles accomplissent et qui ne pourront jamais l’être par les Grosses Radios Commerciales ,a fait valoir que ce faux départ, s'il se confirme, aura affaibli les nouveaux projets qui avaient été retenus en numérique et qui ont investi en matériel et assuré leur fonctionnement (ne serait-ce que par les loyers de leur sièges l’équipement et les frais inhérents aux divers déplacement pour les groupes de travail., etc...) et là, voient se prolonger sine die le temps de leur préparation, sans ouverture aux subventions du FSER et des collectivités territoriales, les plongeant dans une angoissante perte financière « Tout était prêt mais tout est en suspens, on n'attendait que les autorisations soient renvoyées et publiées au JO »...les demandes des radios associatives en RNT ont été transmises à savoir,
Donner le signal fort exigé par le CSA pour le lancement officiel de la RNT
Le retour des conventions et la publication au J.O des autorisations
Le respect du calendrier de déploiement arrêté
L’adjonction de la norme DAB+ au TDMB car moins couteuse
 
 
La réunion aura duré près de deux heures, et nous ne saurions être exhaustifs. Le représentant du Ministre nous aura écouté avec attention, prenant par saccade, foultitude de notes. Nous espérons ainsi avoir été entendus. Le fait qu'on annonce ces jours derniers, que Matignon va faire refaire la copie Teissier par une nouvelle « personnalité » restant à désigner (entretemps l'info est tombée et ce sera D KESSLER) m'en paraît un signe certain. Nous attendons aussi avec impatience François CATALA au Congrès du SNRL à Nantes, souhaitant qu'il répondra présent à l'invitation d'Emmanuel et de Pierre B. (et il n'est pas venu...) A ses prises de parole, nous mesurerons les évolutions éventuelles de l'institution et pourrons parier pour l'avenir (au moins, savoir à quoi nous en tenir)...
 
 
Compte rendu établi par Etienne BASTIDE et corrigé par Nacera AZZOUZ